l'immédiate

journal d'O.


dimanche 30 mars 2003

partout dans la ville je vais aller et cacher des petits bouts de moi, des tickets de bus griffonnés des carnets des bonbons des papiers, une trace de rouge à lèvre sur les tasses d'un café. l'encre du stylo-plume finit toujours par prendre toute ma main, par la manger, il y a bien quelqu'un qui va comprendre ça, un jour, quelqu'un qui va trouver la bonne tonalité de silence pour me parler. je ferme les yeux. la ville toujours roule immense sous mes paupières. ivresse légère. quelques fois envie de m'arracher la peau avec les ongles, cette peau profonde et sans répit. la plaie au monde. quelques fois folle, penchée par les fenêtres des trains, et qui cherche l'oubli. tous les jeux sont perdus d'avance, et tous les jeux me plaisent. j'avance tanguante souple et futile, attirée d'abord comme le sont les enfants par ce qui bouge et ce qui brille. oh, se fatiguer, se fatiguer toujours à la ville, la vitesse, la couleur coupante dans les jardins le soir quand je marche doucement dans les dernières lumières. j'ai relu Aragon et n'en démordrai pas de mon désir de toujours tout engouffrer sous ma peau : Bérénice était pire qu'un meurtrier, elle avait le goût de l'absolu.

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