l'immédiate
journal d'O.
Brisbane, Australie

 

 

la ville animale

02.02.05

accoudée à la mer, aux arbres chauds de la forêt, la ville traîne son grand corps brun avec la langueur infinie d'une très jeune femme, une espèce de paresse édenique d'oiseaux rouges et d'eau lente, elle avance tranquille sur des terres, des marais et des baies dont elle a choisi de ne pas se séparer - on croirait à chaque instant que la nature peut reprendre le dessus, si tel seulement est son désir. au matin, c'est une jungle de cris qui entre par les fenêtres, explosion de couleurs et d'odeurs de fruits mûrs, lianes noires et solides végétales et vivantes, un cortège infini d'animaux merveilleux qui viennent jouer aux terrasses dans la chaleur puissante, ailes de soie des chauve-souris dans les manguiers, les lorikeets curieux et secouant leurs petites têtes maquillage de clowns aux rambardes des balcons, opossums funambules à toute allure sur les fils du téléphone, un drôle de rictus sur le bout du museau, et qui narguent les gratte-ciels.

 

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