l'immédiate
journal d'O.

 

 

solaris

22.11.04

Solaris. quelle mer immense, quelle conscience secrète ramène chaque soir un peu plus loin dans le rêve la pluie folle, les grandes voiles, et toujours impassible, charnel comme la nuit, le beau garçon aux cheveux noirs ? j'ai pleuré comme une enfant tout le long du film. une espérance secrète revenait m'envahir. je reconnais ton visage du songe au jour épais, au jour absurde, à la nuit la plus tendre. je reconnais ton visage, je le touche sur d'autres corps, fragmenté dans d'autres fragments, je sais que tu m'emmènes, et je sais que tu veilles, que tu viens avec moi dans la fuite, dans l'enfance, que tu ne m'abandonneras pas. quelques fois je te perds, j'oublie tout de tes signes, et tu reviens encore, tu te caches sous les traits d'un autre amour à venir, je te déteste un peu, d'être si libre et filant, de ne pas m'obéir, de me ramener vers toi seul au défaut de tant d'autres, je ne t'en veux jamais, toi qui changes comme la mer, qui me tiens du dedans comme la chair et le sang. j'aime la façon dont tu glisses, d'une langue à une autre, et dont la première est celle lointaine et sereine du silence, j'aime jusqu'à la façon dont tu m'échappes, et puis toujours pourtant je voudrais croire que tu m'attends, que tu vas tourner ton visage éternel et changeant vers moi au coin d'une rue, d'une fête, d'un concert, une place pleine de monde et qui brille dans la nuit, je sais alors que tu ne diras pas un mot, tu souriras à peine et comme je le fais moi-même, du bout des lèvres, l'air de rien, je sais aussi que même alors, à ton côté enfin, de t'avoir tellement cherché peut être ou bien de peur de ne jamais te trouver complètement, il me semblera toujours que l'on m'attend encore ailleurs.

 

avant - après
index - journal
ego -
archives -

© 1999-2006