l'immédiate
journal d'O.
Christchurch, Nouvelle-Zélande

 

 

doigts du vent

06.03.05

à midi, au soleil, absorbée à la terre comme la chaleur à ma chair, je regarde, longtemps, danser le grand eucalyptus dans les doigts fins du vent, je tombe dans des rêveries, des enthousiasmes fous pour des mots, des visages, je ne me lasse pas de voir Jimmy paraître, superbe, solaire, en costume noir, jurant comme un charretier sur les journaux du jour, j'avance dans des villes neuves, des prés bruissants de lumière, l'étendue d'eau brûlante des lacs ou des yeux d'un garçon, je ne m'inquiète de rien, je sais que rien ne dure, je sais aussi que tout est toujours à venir, et puis dans l'entre deux je vis chaque seconde de mon bonheur fou - un bonheur né de rien, ou alors de si peu, bonheur du corps confiant, tendre équilibre.

 

avant - après
index - journal
ego -
archives -

© 1999-2005