breathing under water...
... living under glass

(un journal online)

 

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3 janvier 2002

il n'y a que les chiffres qui changent

un garçon amoureux téléphone toutes les dix minutes, surtout s'il n'a rien à dire, juste pour entendre la voix de la fille qu'il aime. une fille amoureuse se retient de téléphoner toutes les dix minutes, surtout si elle n'a rien à dire, et de peur que sa voix ne passe vraiment pas.

à travers paris en chantant les parapluies de cherbourg. et il ne pleut meme pas, c'est triste. j'ai fait tout le trajet pour lui hier, pour lui apporter mes photos et mes livres d'enfant et tout le reste, immensément.

ma petite fille tu es folle est-ce qu'on pense au mariage à ton age ? tu ne sais rien... on ne tombe pas amoureuse d'un visage dans la rue... (lalalalala)

il téléphone tout le temps, et je ne suis là que pour lui. le reste c'est le reste et le reste m'ennuie. mes parents rentrent de vacances, ma soeur me dit avec furie, oh j'en ai marre de cette adolescence ! il téléphone encore, il chante dans la rue. j'adore parce que c'est ça très exactement que j'ai toujours voulu. la liberté très douce d'aimer sans formalités. je veux dire, maintenant enfin seulement je peux vivre comme je veux. il me redonne conscience de mon age et mon corps, il me redonne le rouge à savourer encore et encore... c'est comme ça. j'adore ça. voilà. (j'adore ce type, quoi)

lundi soir dans la voiture, A qui conduit comme il va dans la vie (avec la fausse désinvolture des garçons qui veulent avoir tout compris), j'étais bien j'étais douce je me disais : enfin. enfin je peux le voir lui parler le toucher sans fondre en larmes ou me mettre en colère. deux ans après. bien sur il reste ce gout étrange dans la bouche, les années tronquées et les baisers inachevés, bien sur, et tant mieux, tant pis. bien sur nous sommes restés dans le sillage l'un de l'autre toute la soirée et toute la nuit, bien sur, parce qu'il connait mon corps par coeur comme je connais le sien et comme très étrangement j'en ai encore besoin. bien sur au petit matin en me ramenant il me faisait serment d'amitié sur négation de toute ambiguité et moi je riais à gorge déployée. c'est comme ça. les garçons sont toujours amusants comme ça. bien sur aussi il m'a rappelée mille fois dans la journée, m'a rejointe en catastrophe à la gare pour me parler, et puis soudain il ne savait que dire et tout son corps tremblait. je suis partie tout doucement. on m'attendait.

il y a des choses à vivre (cette année et les autres), et je crois bien que je suis enfin prete pour tout. au moins pour beaucoup.

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