breathing under water...

(le journal d'ophélia)

lundi 20 mai 2002

cet été, quand tu viendras, la maison sera vide et mon lit grand ouvert. on s'allongera dans l'herbe verte très verte de mon jardin on se dira des histoires et puis on allumera de grands feux dans la cheminée, tard le soir, comme si c'était l'hiver. tu auras les cheveux dans les yeux tes cheveux noirs de jais et je te les couperai avec des ciseaux à bouts ronds ça sera une catastrophe et on sera heureux. il ne faudra pas parler, il ne faudra pas rire, il faudra juste attendre la nuit pour sortir, danser tête renversée sur de vieux disques usés, de vieux vinyls qui craquent sous la pointe du saphir, dans le salon doré avec ma robe blanche tournoyer tournoyer j'ai le coeur si fragile toujours prêt à craquer, sous la pointe des saphirs, ou bien sous les baisers. le soir et en silence je te coucherai dans mon grand lit blanc au beau milieu des roses, des lilas, des camées, tu garderas mes poignets serrés entre tes mains, et puis à demi-mots tu diras qu'ils sont fins et faciles, qu'on a envie de les tordre comme des linges l'été ou la tête d'un oiseau.

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