l'immédiate
journal d'O.

 


dans l'appartement vide et onctueux de C, la nuit, quand j'écoute par la fenêtre l'appel en italien des trains fous pour Venise. je traîne dans un rêve fade, un bout d'orage, le désir d'une errance dans une prairie lointaine. je perds mon souffle, je jette mes nuits, il faudrait que je dorme mais le lieu du sommeil n'est qu'une longue suite de noirs et de gris estompés que découpent quelquefois des formes géométriques qui bougent sous mes paupières. il faudrait que je parte, que je marche vers ce train qui m'appelle dans la nuit, celui-là ou un autre, au hasard, mais partir seule encore je ne veux pas, je ne peux plus.

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26 juin 2007